Nom
original :
Titre en Français :
Format : Série TV
Maison de production :
Date :
Nombre d'épisodes :
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Réalisateur :
Scénario :
Character design :
Décors :
Musique :
Créateur d'un univers étonnant -et
détonnant- peuplé de puces et de loups érotomanes,
d'écureuils fous, de vamps ravageuses, constellé
de jeux de mots et de gags, il est le maître des mondes
du rêve et du cauchemar où tout se consume dans le
cynisme et la dérision... Tex Avery (Frédéric
Bean Avery de son vrai nom) est né le 26 février
1908 à Taylor dans l'État du Texas (d'où
son surnom : Tex). Dès l'âge de 20 ans, il consacre
ses nuits à la bande dessinée, mais personne ne
semble vouloir de ses dessins. Il se tourne alors plein d'espoir
vers le cinéma d'animation. Walter Lantz, le patron des
studios Universal, l'engage dès 1928 comme intervaliste.
Très vite, il grimpe les échelons et devient assistant
puis animateur à part entière. Mais cette promotion
ne lui suffit pas, ce qu'il veut, c'est mettre en scène.
A la fin de l'année 1935, Tex Avery décide
alors de quitter les studios Universal pour poser sa candidature
à la Warner Bros, dont le département d'animation
était dirigé à l'époque par John Schlesinger.
Engagé, il travaille aux côtés de Duck Jones
(le créateur de BEEP BEEP et de son inséparable
"compagnon de jeu" : LE COYOTE) et dirige une petite
équipe de joyeux lurons parmi lesquels on peut retrouver
Chuck Jones, Bob Clampett et Bobe Cannon -ces derniers verront
bientôt arriver leur heure de gloire.
Installée au sein de la maison de production la plus prestigieuse
de l'époque, il créera le cochon PORKY PIG auquel
va très rapidement venir s'adjoindre le célébrissime
canard DAFFY DUCK, et ELMER, le chasseur. Cependant, malgré
l'événement des cartoons en couleur, Avery est encore
prisonnier d'un style imposé et par conséquent dans
l'obligation de réfréner sa fertile imagination.
Quant au personnage de BUGS BUNNY, revendiqué avec acharnement
par divers auteurs, il est en fait une création collective,
qui doit pourtant à Tex Avery son origine (il en supervisera
les six premiers cartoons). Et la fameuse carotte, sans laquelle
BUGS ne serait pas BUNNY, me direz-vous ? Son origine contestée
-certains y voyent une référence au cigare dont
ne se séparait jamais Groucho Marx- s'est en fait fixée
sur la carotte que mange Clark Gable dans le film de Frank Capra
"IT HAPPENDED ONE NIGHT" -1934 (Ben, oui !). En 1941,
il décide d'inaugurer une nouvelle technique consistant
à doubler les "gueules" de ses animaux en posant
par dessus des bouches animées. Mais, son anticonformisme
se heurte à John Schlesinger qui ne veut pas sortir des
DA classiques... et c'est le divorce.
De 1936 à 1941, Tex Avery aura réalisé quelques
soixante et un cartoons pour la Warner. Les différences
entre les premiers et les derniers cartoons qu'il y avait réalisés
sont flagrantes. En effet, les aventures de PORKY PIG ont rapidement
laissé la place à un style instinctif et flamboyant,
bourré de jeux de mots, dont l'animation et la bande sonore
ont elles-mêmes trouvé ce rythme époustouflant,
qui fait la particularité des réalisations de ce
génie.
Mais déjà, la majeure partie des idées
ont jailli. Brisant les règles conventionnelles des dimensions
d'un écran de cinéma, il sera le premier à
introduire une relation complice entre ses héros et le
public. Il s'adresse au spectateur par des intertitres, ou même
au travers de ses personnages, commentant séquences et
trouvailles. Le meilleur exemple de cette désinvolture
est sans doute le scène où, exaspéré
par la conduite d'un spectateur dont la silhouette se projette
sur l'écran, PORKY PIG tire et abat l'importun. Il se plaira
souvent par la suite à utiliser cette dualité entre
l'histoire du cartoon et des éléments qui lui sont,
semble-t-il, étrangers. En 1942, il entre à la METRO
GOLDWYN MAYER, la célèbre firme du lion, et travaille
alors sous la direction de Fred Quimky. Fred Avery est désormais
rebaptisé Tex par ses collègues en raison de ses
origines texanes.
Grâce à lui et aux réalisateurs,
qui bénéficient de sa confiance, la production de
la MGM en matière de cartoons va faire un bond spectaculaire.
De BLITZ WOLF (1942) à CELLBOUND (1955), Tex va travailler
pendant 13 ans pour la MGM, y réalisant soixante-cinq des
cent soixante-dix-huit films d'animation que produisit la firme
durant cette même période. Ici, il peut enfin donner
libre cours à sa fantaisie et à ses "fantasmes".
Tex Avery déclarait que personne ne pouvait surpasser Walt
Disney dans le domaine des "contes pour enfants", mais
ses cartoons à lui s'adressent bel et bien aux adultes...
Il va donc dans cet objectif multiplier les gags absurdes, en
insistant sur le caractère sexuel de certains personnages.
Les jeux de mots se succèdent, les bombes explosent, les
personnages sont brusquement dédoublés voire atomisés,
aplatis, écrasés, pulvérisés ou victimes
d'une pin-up dont les déhanchements suggestifs déchaînent
les sens. Arrivé à la MGM au moment où les
États-Unis entrent en guerre contre le Japon suite au désastre
de Pearl Harbor, il va bouleverser en quelques mois tous les canons
du genre : alors que les censeurs s'affolent, les G.I. réclament
à cors et à cris la version complète de RED
HOT RIDING HEAD (Le premier des films mettant en scène
le loup et la pin-up).
L'époque de la MGM se révélera
très vite être l'âge d'or de Tex Avery. Il
y créera ces divers personnages qui sont devenus des standards
du cartoon américain. Refusant les stéréotypes,
il privilégie les films uniques, exception faite du personnage
de Droopy, qui aura droit à treize films pour lui tout
seul.
C'est l'époque du LOUP qui apparaît pour la première
fois dans BLITZ WOLF en tant que sosie d'Hitler. Nul n'oubliera
sa façon de marcher en imitant le pas de l'oie puis en
avançant machiavéliquement sur la pointe des pieds...
Le LOUP fera quinze apparitions au total, auprès de la
pin-up, bien-sûr, mais également comme victime des
trois petits cochons ou de l'incontournable DROOPY qui osera lui
chiper une de ces chanteuses voluptueuses comme sait si bien les
faire Tex Avery... (et comme sait si bien les faire bouger Preston
Blair). Ce dernier personnage, célèbre pour ses
"Hello, happy taxpayers !", "I'm the hero !"
et autres "You know what ? I'm happy !", fut créé
en 1943, et sera le héros de seize films. Outre le LOUP,
ce petit chien "chevaleresque, farouchement honnête
et volontiers sentencieux" doit également faire face
au chien SPIKE -stupide, bête et méchant. Mais la
plus belle de ses créations (à mon goût) est
sans doute celle de SCREWY SQUIRREL, l'écureuil fou dont
le non-conformisme et la volonté destructrice sidère
encore cinquante ans après. Mais cet animal diabolique
sera victime de Lenny, un gros chien trop affectueux -directement
inspiré du livre de Steinbeck "Des Souris et des Hommes"-
et cet incroyable personnage succombera sous les caresses et les
étreintes meurtrières de son nouveau compagnon incapable
de dominer ses sentiments et surtout... sa force.
Mais autant les années quarante avaient vu se succéder
de multiples chef d'oeuvres, autant le début des années
cinquante allait marquer la fin de l'éparpillement cinématique
des fantasmes de Tex Avery.
Cette soudaine apathie peut trouver son origine
dans la fameuse Loi Sherman, qui va provoquer une sorte de démembrement
des liens existants entre les circuits de production et les circuits
de distribution, auxquels s'ajoute une augmentation du prix de
revient des cartoons. Ces derniers événements vont
les obliger à faire face à des compressions de budget,
et à l'apparition du style UPA. Ce style consiste en des
décors stylisés à l'extrême et en une
animation de moins en moins élaborée mettant en
scène des personnages stéréotypés
aux couleurs criardes -les meilleurs exemples de ce genre ne sont
autres que les productions de Hanna-Barbera. Tout en continuant
sur sa lancée, Tex Avery est frappé de plein fouet
par ces nouvelles mesures. Il va alors travailler comme un forcené
pour tenter de combler le manque d'animateurs et surtout le manque
de budget. Harassé par ce travail de titan, il finira par
s'accorder un congé, puis quand il reviendra en 1953, il
lâchera un peu de lest, laissant aux animateurs et aux contrôleurs
le soin de s'occuper eux-mêmes de la conception du dessin
animé, et n'intervenant que pour le visionnage et les modifications.
Mais cela n'est pas sans conséquences sur la qualité
des films tournés à partir de cette date. Malgré
quelques trouvailles, ce ne sont que de pâles copies des
anciens succès des années quarantes... et le coeur
n'y est plus. Tex Avery quitte finalement la METRO en 1954 et
trois ans plus tard, le département d'animation est fermé.
C'est la fin d'une époque, la fin d'un certain rêve
américain. Certains films seront cependant retravaillés
pour être adaptés au format cinémascope mais
ce ne seront plus que de vulgaires plagiats, qui ont tout perdu
de la verve délirante de Tex Avery. Enfin libre, il retourne
à ses premières amours en travaillantà nouveau
dans les studios d'UNIVERSAL. Il va ainsi réaliser quatre
cartoons pour Walter Lantz, et travaillera, entre autres, sur
les aventures d'un adorable petit pingouin, CHILLY WILLY ("I'M
COLD" et "THE LEGEND OF ROCKABYE POINT"), tous
selon les normes U.P.A.. Ce personnage a la particularité
d'être très frileux -ce qui n'est pas très
commun pour un pingouin ! Mais il se livre toujours à ses
facéties habituelles : les variations sur le bruit et le
silence ou l'ambivalence humains-animaux. Cependant, sans doute
déçu par ce travail auquel il n'arrive plus à
apporter autant d'énergie qu'auparavant, il se dirige vers
la publicité et la télévision dès
1955.
Après un court métrage pour le département
d'État de l'armée de l'air, il planchera sur des
publicités de Pepsodent, Raider ou Kool Air. Ces nouvelles
activités lui laissant malgré tout du temps pour
réaliser quelques dessins animés très courts
comme la série FRITO BANDITTO, contant les aventures d'un
petit mexicain joufflu. De 1957 à 1960, il travaille pour
Cascade Productions, et à plusieurs reprises, il est récompensé
pour ses films publicitaires. Il se tourne ensuite vers la télévision
avec la série "THE JOKEBOOK" dont il sera le
co-scénariste
Par la suite, il créera quelques personnages
pour HANNA-BARBERA PRODUCTIONS, dont la série KWICKY KOALA
mettant en scène un charmant petit koala poursuivi par
un loup affamé. En dépit de son univers de bonne
humeur, cette série ressemble plus à CHILLY WILLY
qu'aux cartoons délirants des années quarante.
Dans les dernières années de sa vie,
Tex Avery travaillera à la création du personnage
de COVE MOUSE qui s'inscrit dans la série des flintstones.
Finalement, Tex Avery succombera à un cancer le 26 août
1980 au centre médical Saint Joseph de Burbank, Californie.
Prophète du Paradoxe où l'impossible est une menace
de chaque instant. Tex Avery n'a semble-t-il jamais rien pris
au sérieux, faisant voler sans complaisance les lois amères
des cartoons d'avant-guerre. Quand on parle de son oeuvre, il
n'est pas rare d'évoquer la violence dont ses personnages
font preuve face à leurs compagnons à l'écran.
Il est un film où ce très cher SCREWY SQUIRREL rencontre
un sympathique petit écureuil, qui semble tout droit échappé
d'un film de Walt Disney. Ce dernier annonce au public un dessin
animé avec ses amis de la forêt et il n'en faudra
pas plus pour déchaîner l'esprit diabolique du héros
qui entraîne ce charmant petit animal derrière un
arbre pour l'assommer. Au cas où vous ne l'auriez pas compris
(descendez donc de votre petit nuage !), la vie, comme les cartoons
de Avery, ce n'est pas du Walt Disney. Pas de guimauve, les animaux
se conduisent comme des humains... ils en représentent
au moins certains groupes : s'il est facile de démasquer
les "loups", il est tout aussi évident de trouver
des "Droopy" (Si, si ! J'ai des noms !). Arrêtons
ici cette parenthèse sans intérêt. Observateur
incisif, Tex Avery tire le portrait de l'être humain dans
sa splendide bêtise. Il n'y a pourtant guère de moralité
dans ses histoires, mais il est tout aussi valable qu'un Monsieur
de La Fontaine ou de La Bruyère. Cependant, tout le fondement
de son travail n'est autre que le rire en lui-même, et toutes
les dimensions possibles du comique. De Gags en Gags, il entraîne
le spectateur dans un univers où toute logique est brisée.
Ainsi, rien n'empêche le charmant petit oiseau de "THE
EARLY BIRD DOOD IT" de passer devant une affiche annonçant
la sortie de ce film ; SCREWY SQUIRREL, mourant, n'exhibe-t-il
pas une pancarte sur laquelle on peut lire : "Triste fin,
n'est-ce pas ?". Il fait éclater les limites du temps
par un amoncellement de gags sans fin qui ne laisse guère
le choix au spectateur : souffler ou suivre ce déferlement
satanique ! L'espace quant à lui n'est pas mieux loti.
Des personnages qui passent tout d'un coup devant le carton "The
End" à Droopy et au loup qui sortent de l'écran
en passant par George et Junior en noir et blanc car échappés
des bornes du Technicolor, toute les occasions sont bonnes.
Et si vous souhaitez trouver de la vraissemblance dans les métamorphoses
d'un baryton de grande classe, allez plutôt voir ailleurs.
Mais ce qui l'amuse le plus consiste à prendre au pied
de la lettre les expressions les plus populaires de la langue
anglaise quitte à anéantir les spectateurs abasourdis
par ce délire verbal et visuel. Ainsi, à peine le
commentateur a-t-il annoncé que le loup avait déjà
un pied dans la tombe que l'on voit le malheureux enfoncer son
pied dans une tombe agréablement fleurie. Tout n'est que
folie et fantaisie et les auteurs se prêtent à toutes
les plaisanteries. Aussi la vue du terrain de base-ball nommé
"W.C. Field" dans "BATTY BASEBALL" s'accompagne-t-elle
d'une note fort ingénieuse : "Le type responsable
de ce gag idiot ne fait plus partie de notre équipe".
De même, dans "THE MAGICAL MAESTRO", l'équipe
de Tex Avery s'est amusée à dessiner un cheveu comme
ceux qui se collaient parfois sur les fenêtres de projections...
Il fallut coller un avertissement sur la boite de la bobine, afin
d'éviter que les techniciens ne s'acharnent en vain sur
la fenêtre du projecteur.
Avery nous a laissé de grands moments de
cinéma que l'on ressort parfois pour des anniversaires
ou pour les fêtes de fin d'années. Alors, si vous
avez besoin d'un peu de fantaisie, n'hésitez pas un instant
à vous prendre au jeu de ce magicien de l'image et des
mots... Et Droopy écrasera une larme et lancera une dernière
fois : "You know what ? I'm happy !".
remercie : Olivier Cizel et Valérie Bourbon
Fox.Corps Design 2004 - Version 4.0
Il
y a 95 ans (environ) naissait un de ces génies qui allait révolutionner
le monde du dessin animé.
Combinant la qualité technique d'un Walt Disney à
une imagination en perpétuel délire, il allait gagner sa
place dans l'histoire des cartoons hollywoodiens. Cet homme fort peu connu
aux États-Unis (Nul n'est prophète en son paix !) est aujourd'hui
presque idolâtré en Europe...
C'était Tex Avery. Il y a 95 ans (environ) naissait un de
ces génies qui allait révolutionner le monde du dessin animé.
Combinant la qualité technique d'un Walt Disney à
une imagination en perpétuel délire, il allait gagner sa
place dans l'histoire des cartoons hollywoodiens. Cet homme fort peu connu
aux États-Unis (Nul n'est prophète en son paix !) est aujourd'hui
presque idolâtré en Europe...
C'était Tex Avery.